
À la rencontre des flamants roses
Dans ma chronique précédente, je découvrais les lions du Kenya. J’ai oublié de mentionner que lors de mon départ du Masaï Mara, je suis allé visiter un village typiquement africain. Un village où les gens marchent nu-pieds et vivent sous des huttes de paille et de boues séchées. C’est le genre d’endroit où Vision Mondiale pourrait tourner ses émissions de télévision. Caméra à l’épaule, je me voyais filmer la scène et ensuite, demander aux téléspectateurs de donner des fonds afin de parrainer un enfant. Ou encore, pour la construction d’une école.
Le chef de ce village nous a accueilli et nous a fait visiter une maison de boue séchée. J’ai pu constater le peu de ressources matérielles et financières de cette population masaïe. Un guerrier masaï a tenté de me montrer comment faire du feu en frottant deux morceaux de bois ensemble. Après une quinzaine de minutes à essayer, aucune étincelle n’est parvenue au bout de mes bâtons. J’avais l’impression d’être un participant de l’émission de télé « Survivor ». Les mains pleines d’ampoules, j’ai abandonné et j’ai passé le flambeau au guerrier masaï. Après une tentative de moins de 30 secondes, celui-ci a fait jaillir une étincelle. Le feu a alors pu être allumé. Il faut croire qu’avec la pratique, c’est plus facile… J’avais quelques réticences à m’introduire dans un village comme celui-là, car j’avais l’impression de m’imposer parmi ces villageois. La rencontre s’est bien passée mais je sentais que les gens du village se sentaient blasés de notre présence. Je suis certain que nous ne sommes pas les premiers à passer par-là. Je me suis consolé en disant que les fonds prélevés de notre groupe (et oui, il fallait payer pour voir ce village) servent à financer certains services dont la population a grandement besoin (comme un puits pour l’eau).
Dans ce village et dans plusieurs tribus africaines, les hommes et les femmes portent des boucles d’oreilles immenses à l’intérieur du lobe de l’oreille. Cela amène des étirements et des déformations des oreilles. Très différent des mœurs de chez-nous… De plus, dans certaines tribus, les femmes se rasent la tête. Un crâne rasé, est-ce séduisant? Je me suis alors posé la question. Cheveux longs ou crâne rasé, qu’est-ce qui est plus beau chez une femme?
Après le Masaï Mara, je me suis dirigé en direction du nord-ouest du Kenya afin de me rendre dans la ville de Nakuru. La route pour se rendre à Nakuru était dans un état pitoyable, avec de nombreux nids de poules, de la poussière en grande quantité et une pluie rendant la chaussée boueuse (car la route n’est pas asphaltée). Cette partie de mon safari sera fait avec un groupe beaucoup plus restreint, car quatre personnes ont quitté pour Nairobi. La visite de Nakuru sera effectuée avec mon guide, qui servait à la fois de conducteur, et de Teresa et Andy. À Nakuru, nous avons dormi au Waterbuck Hotel, un très bel hôtel qui servait un excellent souper sous forme de buffet.
Il n’est pas toujours évident de voyager en Afrique, car il faut se méfier des animaux, des gens louches le soir et des moustiques. Un très grave problème de santé en Afrique est la transmission de la malaria par les moustiques. Évidemment, c’est sans parler du sida qui fait, annuellement, des millions de victimes sur le continent africain. En ce qui concerne la malaria, les insectes porteurs de la maladie sont actifs en soirée, donc mieux vaut dormir sous une moustiquaire et de s’imprégner d’huile à mouche, comme on dit en bon québécois. Je me sentais donc en sécurité pendant la journée, mais j’avais oublié que les moustiques, du lever au coucher du soleil, peuvent aussi transmettre une autre maladie. Dans la savane africaine, la mouche Tsé Tsé est un vecteur de la maladie du sommeil. La mouche Tsé Tsé est comme un moustique à chevreuil, collante, poilue et qui bourdonne autour des oreilles. Je me voyais piquer par la Tsé Tsé, m’endormir pour toujours et rejoindre les bras de Morphée…
Après une bonne nuit de sommeil à l’hôtel, un autre safari m’attendait et cette fois-ci, il se déroulera autour du Lac Nakuru. L’attrait de ce lac est de pouvoir observer des millions de flamants roses venant s’abreuver dans les eaux du lac. Grâce à la présence de sel sur les rives, une panoplie d’oiseaux est présente au Lac Nakuru. J’ai été servi à souhait avec la présence de millions de flamants roses. J’ai même pu marcher sur les bords du lac, juste à côté des flamants roses. Se promener à proximité des animaux, c’est une chose rare car il est habituellement interdit de marcher avec la faune sauvage du Kenya. Dans le Parc National de Nakuru, j’ai également observé des hyènes, des lions vivant dans un arbre, des rhinocéros blancs (les rhinocéros noirs étant très difficiles à apercevoir), des gazelles, des zèbres, des gnous, des babouins, des singes, des dik-dik, des buffles, des pélicans, des pintades, des aigles, des cobs (waterbucks), des lézards et une très grandes quantités d’oiseaux. Un superbe parc à voir surtout pour les flamants roses et les rhinocéros. Un rhinocéros a même été vu avec ses bébés, quelque chose d’assez unique. Mon safari de quatre jours au Kenya a pris fin avec la visite des flamants roses au Lac Nakuru. Mes quatre jours en safari ont été exceptionnels. Je recommande un safari à tout le monde, et en particulier à ceux qui ont une passion pour les animaux sauvages, à venir au moins une fois dans leur vie en Afrique de l’Est. Un safari en Afrique, c’est un moment inoubliable.
À mon retour à Nairobi, j’ai résidé encore une fois au Nairobi Backpackers. J’ai alors eu une chambre en dortoir pour 550 shillings (8,33$ can). Pendant la nuit, Ken, le propriétaire britannique de l’hôtel était saoul et il s’est mis à crier après ses employés et quelques-uns de ses clients. Disons que ce n’était pas très agréable de se faire réveiller, au milieu de la nuit, par un monsieur d’une soixante d’années au prise avec de sérieux problèmes de boissons… Au cours de mon périple en Afrique, je suis resté à trois reprises à cet endroit et lors de chacun de mes passages, le propriétaire était ivre. Je dirai même qu’il était « saoul comme une botte ». Même si le propriétaire était désagréable, l’hôtel est un excellent endroit pour rencontrer bien d’autres « backpackers » voyageant à petit budget.
Ça m’attriste de voir les nouvelles ces temps-ci car Nairobi, la capitale du Kenya, est à feu et à sang en raison du résultat très serré des dernières élections. De nombreuses manifestations ont causé la mort de plusieurs centaines de personnes. En regardant les nouvelles à la télévision, je me remémorais mon passage au Kenya… La chance était encore avec moi, j’ai passé à cet endroit juste à temps…
Ma prochaine destination était la Tanzanie, le pays au sud du Kenya.
La suite, la semaine prochaine.
Pour aller voir mon blogue avec ses photos, voici le lien : http://pmpafrique.top-depart.com
Pierre-Marc
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